L'Enfance En Haïti
En Haïti, la situation générale des enfants tout au long du siècle dernier, et particulièrement durant la dernière décennie, n’a connu aucune amélioration substantielle qui permettrait de penser qu’ils sont désormais au centre des préoccupations des adultes. Au contraire, à certains égards, elle a plutôt empiré et ce, en dépit de certains efforts déployés par certains organismes gouvernementaux et privés, pour tenter de stopper cette dégradation. A tous les points de vue ou presque, les droits des enfants (notamment ceux des milieux défavorisés) consacrés par les conventions internationales tels que le droit à la vie, à la santé, à l’alimentation, à l’éducation et au loisir etc., sont ignorés, méconnus et la plupart du temps bafoués, piétinés.
Selon les résultats d’une enquête publiée par le MSPP (Enquête réalisée en 2000 avec le concours de l’EMMUS-III), 34% des enfants de 12 à 23 mois seulement ont été complètement vaccinés contre les maladies qui se déclarent généralement au cours des 24 premiers mois suivant la naissance et 17 % n’ont reçu aucun vaccin. Conséquence de cette situation, les taux de mortalité infantile atteignent des proportions jamais connues dans le reste de l’Amérique latine :
• 80 décès pour 1000 naissances vivantes chez les enfants de 0 à 12 mois ;
• 139 décès pour 1000 naissances vivantes (le taux le plus élevé en Amérique latine) pour la tranche d’âge 1-4 ans.
De même, on estime que plus d’un enfant sur quatre a eu au moins une épisode diarrhéique au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête. Parmi ces enfants, 31 % seulement ont pu bénéficier d’une thérapie de réhydratation et 14% d’entre eux ont fait l’objet d’une consultation dans un centre hospitalier quelconque.
Pour ce qui a trait aux soins nutritionnels, sur un échantillonnage de 3968 enfants représentant les neuf départements du pays, l’UNICEF a pu établir que 9 pour mille d’entre eux souffraient de XEROSE et 2,5% d’ulcération de la cornée, toutes des maladies liées à la malnutrition. Les départements du Centre et de la Grande’Anse passent pour être les régions où les enfants sont le plus frappés par la malnutrition.
On ne saurait aussi passer sous silence la situation généralement déplorable des enfants en domesticité qu’on estime actuellement à environ 300.000 et celle des enfants des rues évalués à plus de 13.000 dont 2000 repérés dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince. D’après un rapport publié par l’UNICEF, 75% des enfants en domesticité ne savent ni lire, ni écrire. Un fort pourcentage de ces enfants fait l’objet des actes de maltraitance et parfois de violence sexuelle.
A noter que les groupes d’enfants les plus affectés généralement par ces mauvaises conditions de vie sont les enfants abandonnés, les orphelins des milieux défavorisés, les enfants des rues, les enfants en domesticité, les enfants prostitués (garçons, filles) et les enfants incarcérés.
Dans le cadre de la lutte pour la promotion des droits et du bien-être des enfants haïtiens l’ASDE/ KF à l’instar de l’UNICEF se fixe comme objectif de :
- Contribuer à la protection de la vie et de la santé des enfants
- Sensibiliser au respect de leurs droits
- Aider à l’instauration d’un environnement et des conditions propices à leur épanouissement.
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